GUITARS
Churchill Guitars – Donmo – Collings Guitars – Olivier Bataille – DNG Guitars
Churchill guitars
David Churchill est né à Londres en 1949. Il est venu en Australie en 1971. Après avoir parcouru la plupart du pays, il s’est installé à Adélaïde. Il y créa son premier atelier avant de déménager à Victoria. Depuis maintenant 28 ans son atelier siége dans une ancienne boutique de la ville historique de Ballarat. Cela fait maintenant près de 35 ans qu’il construit lui-même ses guitares ce qui lui vaut la réputation d’être un des meilleurs luthiers australiens. Toutes les guitares qui sortent de l’atelier sont construites par David, en utilisant uniquement des bois anciens. Il s’est tout particulièrement spécialisé dans les tables en cèdre et les dos et les éclisses en palissandre.
J’ai découvert David par l’intermédiaire de Jeff Lang qui joue principalement avec ses créations, que cela soit pour les guitares acoustiques ou pour les lap steel acoustiques. David, au fil des mois est devenu un ami. Nous échangeons régulièrement de longs mails aussi passionnés que sympathiques.
Ma guitare acoustique principale est une « drop shoulder dreadnought ». La table est en cèdre rouge, les éclisses en palissandre indien, le manche en acajou, la touche et le chevalet en ébène. Elle est équipée de mécaniques Schaller M6 avec des boutons en ébène. La finition est très sobre.
Cette guitare m’accompagne aussi bien sur scène qu’en studio.
J’ai d’ailleurs enregistré l’intégralité des guitares de l’album Pachydermal lies and truth avec elle…
A ma demande, David a installé deux capteurs, un « Pure Western Mini K&K » passif avec un préamplificateur externe « Pure Preamp » et un « Sunrise magnetic » avec un préamplificateur SB-1 de la même marque qui a également une fonction de bufferisation. Cette installation me permet d’une part, de ne pas avoir de pile d’alimentation à l’intérieur de la guitare (grâce aux préamplificateurs externes) et, d’autre part, de disposer de deux sorties séparées. Ainsi la sortie K&K me permet de gérer mon signal acoustique et la sortie du Sunrise me permet de dévier mon signal vers un pédalier avec des effets…
Actuellement, David est en train de me construire une guitare lap steel acoustique avec le même système de double capteur que sur la « drop shoulder dreadnought ». Je ne manquerai pas de vous faire un petit reportage de cette nouvelle partenaire dans les mois à venir… En attendant, voici quelques photos que David vient de m’envoyer.
Donmo
Encore un luthier australien ! Don Morrison est avant tout un musicien et, ce, bien avant de commencer son activité de lutherie. Il s’est mis à fabriquer des instruments car il ne trouvait pas de bonnes guitares à résonateur à un prix abordable en australie. Grâce à une audace qui ferait fuir tous les nobles de la lutherie, il construit sa première guitare à l’aide d’une porte de vielle voiture Volvo… Se rendant très vite compte que ce métal était trop lourd, il se dirigea vers d’autres matériaux de récupération. Il en fit, ensuite, sa marque de fabrique.
Je vous invite à regarder une interview qui évoque son travail :
All about Donmo Resonator guitars
J’ai acheté cette guitare Donmo Rustbucket à un ami qui possédait des National vintages. Par la suite, j’ai fait installé par les ateliers DNG un capteur Highlander avec un préamplificateur externe pour pouvoir l’amplifier.
J’ai composé la chanson « the devil » avec cette guitare en Open D5 tuning. Je l’ai ensuite transposée en Open B5 tuning et, pour les enregistrements de l’album, j’ai joué ce titre avec une guitare lap steel acoustique.
J’aime beaucoup cet instrument, très roots, de part sa construction et son rendu sonore. Pour les petites scènes je ne peux malheureusement pas l’emmener car je me limite à deux guitares, mais, il est certain qu’elle m’accompagnera sur les grandes scènes.
Collings guitars
Bill Collings est un autre très grand luthier. Dans le milieu des années 70, il quitte l’Ohio pour le Texas. Il s’installe à Houston puis à Austin, ville célèbre dans le monde entier pour sa réputation en terme de richesse musicale grâce, entre autre, au club de blues « Antone’s ». Bien qu’ayant commencé à construire ses premières guitares et banjos à Houston, c’est bien dans la ville d’Austin que la réputation de Bill Collings va naître.
Sa renommée commençant à grandir, c’est en 1989, qu’il est obligé, sous la pression d’un carnet de commande grandissant, de louer un local de plus de 300 m2 et d’embaucher deux apprentis pour l’épauler. Cette même année, c’est la patron du célèbre magasin « Ghrun guitars », dont la reconnaissance mondiale n’est plus à prouver pour tous les fins connaisseurs de guitares de luthiers et de guitares vintages, qui lui passe une commande de 24 modèles custom destinés à être vendus au sein même du magasin. C’est donc une étape de développement cruciale qui va obliger Bill Collings à louer de nouveaux locaux, cette fois ci, de près de 1000 m2. Il s’y installera au printemps de l’année 1992. En 1999, il fit croître sa renommée grâce à la production de mandoline de très grande qualité ce qui lui vaudra de produire deux années plus tard 7 modèles pour son catalogue. En 2005, l’activité ne cessant de se démultiplier il acquière des locaux trois fois plus grand pour accueillir une cinquantaine d’employés.
Avec un tel développement, le plus étonnant c’est que la qualité de fabrication n’a subit aucune baisse !
Bill Collings compte parmi ses clients des artistes plus que prestigieux : Keith Richards, Lyle Lovett, Pete Townshend, Emmylou Harris, Andy Summers, David Crosby, Chris Hillman, Joni Mitchell, Don Felder, Lou Reed, John Fogerty, Tim O’Brien, Pete Huttlinger, Kenny Smith, Brian May, Joan Baez, John Prine, Nigel Tufnel de Spinal Tap, et Steven Spielberg pour n’en nommer que quelques-uns.
J’ai acheté, fin mai 2008, une Collings 000-42 de 1996 chez Roseline et François Charle. Jusqu’à l’acquisition de la Churchill, elle fut ma guitare principale. C’est un instrument exceptionnel qui frôle la perfection. Son seul défaut serait d’être légèrement trop réactive quand on la joue au médiator. En effet, malgré sa petite caisse, typique des formats triple zéro 12 cases, cette guitare se révèle extrêmement puissante. Aussi, elle convient parfaitement au jeu aux doigts. Nous sommes ici, bien évidemment, dans le domaine de la subjectivité car en dehors du contexte « guitare – voix non amplifiée », cette Collings est une pure merveille. Cette réactivité extrême, dès que le chanteur est amplifié par un micro, devient une arme redoutable en terme de retranscription de l’émotion du jeu du guitariste qui saura la maîtriser.
Sur cette 000-42 j’ai fait installer deux capteurs, un Schertler « blue stick » avec préamplificateur interne pour le signal acoustique et un Seymour Duncan Mag-mic SA6 pour le signal destiné aux effets.
Olivier Bataille
Olivier Bataille est un luthier français installé en Basse-Normandie à quelques kilomètres de Granville.
J’ai découvert les créations d’Olivier en participant à un forum de passionnés de guitares slides. A force de constater les éloges concernant son travail, je l’ai contacté fin février 2008 pour ce projet un peu particulier.
Je désirais un instrument moins « nasal » que la plupart des guitares hawaïennes originales Weissenborn que l’on peut trouver sur le marché du vintage. Nous sommes donc partis sur la construction d’un modèle similaire à un original mais avec plus d’épaisseur de caisse pour favoriser la profondeur des basses. Je lui ai également demandé une marqueterie très particulière sur le dos de l’instrument en hommage à Indian Larry, un célèbre fabricant de chopper américain.
J’ai demandé à Olivier de réaliser cette guitare hawaïenne intégralement en acajou en dehors des incrustations. Il a choisit dans son stock un acajou de cuba centenaire et a réalisé la marqueterie du dos en citronnier. Pour la finition, il a effectué une légère coloration du citronnier puis un vernis au tampon sur l’ensemble de l’instrument. A ma demande, il a installé des mécaniques Waverly identiques à la finition de celles qui sont sur la Collings.
Au niveau des capteurs, cette guitare hawaïenne est équipée d’une installation en tout point identique à la Collings 000-42.
J’ai cet instrument depuis septembre 2008, je l’ai utilisé pour enregistrer deux titres de l’album pachydermal lies and truth. Vous pouvez l’entendre sur « the devil » et sur « candle ».
DNG Guitares
J’entretien une relation amicale très particulière avec l’atelier DNG Guitares car j’ai connu Alain Grégoire et Dominique Caillerez il y a maintenant plus de 20 ans. Comme tous les jeunes guitaristes, un jour ou l’autre, on en vient à tenter d’améliorer ou de repeindre une de ses guitares. Je me souviendrais toute ma vie du jour où j’ai franchi la porte de leur premier atelier, « Some Strings Special », dans les sous-sols d’un magasin du boulevard Beaumarchais à Paris, avec une guitare électrique Aria série Cardinal, poncée, très maladroitement, au papier de verre. Mes yeux débordaient d’une légère honte tel un enfant qui a fait sa première grosse bêtise. Très gentiment, Alain, que tout le monde appellait Greg, m’a rassuré en m’affirmant que tout était rattrapable. Et, ce fut le cas, quelques semaines plus tard, j’ai récupéré ma guitare, rutilante, avec un magnifique vernis caramel foncé et un réglage en tout point parfait.
A partir de ce jour, toutes les guitares que j’ai eues entre les mains sont passées entre les mains de Greg, sans exception, soit, pour un simple entretien, soit, pour des modifications plus complexes.
En 1991, Greg et Dominique ont rejoint Nicolas Petibon pour créer l’atelier DNG Guitares à Paris dans le 12ème arrondissement.
Peu de temps après leur installation dans ces nouveaux locaux, Greg m’a fabriqué la Traveller !
Cette guitare est étonnante, car, sous ses apparences de guitare de voyage se cache une véritable bête taillée pour le rock.
Sans aucun doute, elle trouvera sa place dans de prochains enregistrements ou concerts.
